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À 34 ans, George Aoude invente les routes de demain. Son entreprise Derq va lancer d’ici à la fin de l’année le premier service permettant d’anticiper les accidents routiers. Diplômé en ingénierie informatique, il se spécialise en ingénierie aérospatiale à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), où il obtient un master puis un doctorat. Durant ces études, il travaille sur plusieurs projets d’application visant à développer des véhicules autonomes pour des clients aussi prestigieux que le NASA, le département américain des Transports ou le constructeur automobile Ford.

C’est au détour de l’un de ces projets que Aoude développe la technologie qu’il brevètera et qui donnera ensuite naissance à Derq. « J’ai toujours eu en tête de monter ma propre entreprise après le doctorat, c’est peut-être mon côté libanais ! J’avais atteint un niveau d’expertise important dans mon domaine, mais je voulais aussi comprendre les enjeux économiques et financiers du secteur de l’automobile et des transports », explique-t-il.

Avant de se jeter dans le grand bain, Aoude travaille donc au sein de cabinets de conseil, Boston Consulting Group puis Oliver Wyman, le temps que son brevet soit approuvé. En 2015, c’est chose faite. Brevet en main, George Aoude sent que le moment est venu de démarrer sa propre société. Il quitte son dernier poste en 2016 et fonde Derq. Quelques mois plus tard, il est rejoint par Amer Abufadel et Karl Jeanbart.

Derq est un service d’intelligence artificielle qui permet, selon lui, de prévoir et de prévenir 90 % des accidents routiers. Il s’agit d’équiper les infrastructures routières et les véhicules de capteurs reliés à un logiciel d’anticipation. Lorsqu’un danger est identifié, tout le réseau est alerté, ce qui permet d’éviter les collusions. D’une certaine manière, l’infrastructure et les véhicules communiquent. Les clients de Derq se répartissent en deux catégories, d’une part les villes et d’autre part les conducteurs, ou les entreprises de transports. Ceux-ci achètent Derq sous forme de licence. La première version de Derq va être lancée à Dubaï d’ici à la fin de l’année.

« Dubaï est un pays qui est à la pointe des nouvelles technologies routières et qui soutient les entrepreneurs qui veulent investir dans ce domaine », explique Aoude. À terme, la technologie Derq a vocation à être déployée sur d’autres marchés. Un potentiel identifié par l’accélérateur américain Techstars Mobility qui a recruté Derq pour sa dernière session. Ce programme d’excellence n’avait jusqu’alors jamais retenu d’entreprises venant de la région Mena.

« Au départ, toute personne qui monte une start-up se trouve devant le dilemme de l’œuf et de la poule. D’un côté, il faut créer un nouveau marché et de l’autre convaincre les gens de vous rejoindre », se souvient Aoude. Pour se financer, la start-up a levé plus d’un million de dollars auprès d’angel investors. Cette somme devrait permettre à l’entreprise d’opérer pendant environ deux ans. Même s’il reste très attaché au Liban, Aoude n’envisage pas d’y lancer son produit à ce stade. « Le marché n’est pas prêt et les défis en termes d’infrastructure sont trop importants », dit-il.